Le dopage touchent même les athlètes du sport vidéo...

Dans le monde du sport, et je serais tenté de dire dans tous les sports, dès l'instant où de gros enjeux financiers sont en jeu, les dérives deviennent plus importantes. Le dopage fait partie de ces dérives, et il n'est pas rare de voir de grands champions, que l'on croyait irréprochables, placés sur la sellette, accusés tels de vulgaires tricheurs, et ensuite déchus de leurs titres, et, obligés de rembourser les primes sportives malhonnêtement perçues...
Par contre, nul n'aurait pu imaginer que dans le sport électronique, les amateurs de jeux vidéos en tous genres, dont beaucoup, sont justement devenus professionnels, pour bénéficier des avantages, liés à ces mêmes enjeux financiers dont je parlais plus haut, en viennent eux aussi à se doper...
 

Les spectateurs amateurs de compétitions de jeux vidéo, sont de plus en plus nombreux et, en juin dernier, lors du salon E3 de Los Angeles (le plus important du monde), Twich, géant de la retransmission, racheté l'an dernier par Amazone, affirmait avoir touché plus de 21 millions de personnes.
Sans doute, cela doit-il rapporter gros, car Youtube, filiale bien connue de Google en matière de vidéos en ligne, annonçait récemment vouloir concurrencer Twich, en proposant le visionnage de parties de jeux vidéos, et, événements associés à la discipline, en streaming.

Hélas, un phénomène inquiétant, vient entacher l'univers scintillant de la discipline sportive, tant prisée par ce que l'on appelle les "Gamer".
La plus puissante organisation de sports électroniques, l'Electronic Sports League (ESL), basée en Allemagne, vient en effet de révéler les aveux d'un joueur professionnel, qui déclarait avoir usé ainsi que tous ses coéquipiers, d'un puissant psychostimulant :l'Adderall, durant une partie du jeu de guerre "Counter-Strike - Global Offensive".
L'Adderall est le nom pharmaceutique d'un amine sympathicomimétique, constitué d'une combinaison de 4 sels d'amphétamines.
Initialement, ce médicament est utilisé pour traiter les troubles déficitaires de l'attention, (hyperactivité), et de la narcolepsie.
On savait toutefois, qu'il était régulièrement consommé de façon détournée, par les étudiants américains, désireux d'augmenter leurs capacités de raisonnement et de mémorisation.

Ainsi, lors des prochains tournois, dont on sait désormais qu'ils empruntent aux sports traditionnels, les mêmes codes et procédures, (sponsors, paris, etc), l'Electronic Sports League va instaurer des contrôles, afin de détecter les médicaments, pris par certains joueurs pour booster leur concentration.
Il est formellement établi, que l'Adderall, représente un sérieux danger pour tout consommateur, dès lors qu'il n'est pas administré dans le cadre d'un protocole médical très strict et adapté.
En effet, comme toute amphétamine, l'Adderall peut provoquer de graves effets indésirables, tels que des psychoses, de l'hypertension, des hémorragies cérébrales, des rhabdomyolyses (dégradation rapide des muscles), ou encore l'aggravation du glaucome, pour ne citer qu'eux.

Mais, ces nouveaux champions sportifs, sont tellement adulés, par des foules de spectateurs venus les regarder comme au temps des jeux du cirque dans des arènes, lors de parties acharnées de jeu vidéos, qu'ils n'hésitent plus à avoir recours au dopage, même si cela est préjudiciable à leur santé.
En fait, ils cherchent à stimuler toujours plus, les neurotransmetteurs de leur cerveau, car, les "eSports" placent les athlètes face aux même défis que les autres, et, à l'obligation de la concentration, de l'entraînement, et, du talent, vient s'ajouter la rapidité mentale...
Les récompenses toujours plus mirobolantes, octroyées aux vainqueurs, ne viennent en rien arranger les choses...

Toutefois, l'Electronic Sports League, dans le souci, je cite : "de garantir un espace de jeu équitable pour tous les participants", a affirmé que les premiers contrôles anti-dopage, prendraient effet dès le prochain tournoi de Cologne, fin août 2015.
De plus, l'ESL entend bien généraliser ces contrôles, pour je cite : "que l'exemplarité de l'esprit sportif, et l'intégrité soient respectées".
Sans dévoiler les secrets de la méthode de contrôle, une indiscrétion prétendrait, qu'un simple test effectué sur la peau, suffirait pour déterminer, si un joueur à usé ou non d'une quelconque substance dopante, visant à améliorer ses performances.

À titre personnel, la hargne que manifeste l'Electronic Sports League, face aux contrevenants, me pousse à me demander si finalement, le premier sport propre ne sera pas virtuel...

Article par Dyonisos

(sources Sciences et avenir)

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