CHU de Clermont-Ferrand... Quand la médecine s'humanise !

L'information qui vient inspirer mon article de ce jour, n'a certes rien d'un scoop...

En effet, ce dont je vais parler, date déjà de septembre 2014.

Par contre si tout comme moi, vous n'en avez jamais entendu parler, je suis certain que vous trouverez un intérêt à lire ce qui va suivre. 

Vous apprendrez qu'humanité peut parfaitement rimer avec médecine, et que quelques médecins avant-gardistes, méritent que l'on vienne parler d'eux.

Histoire de ménager un peu le suspense, je ne vais pas révéler tout de suite l'extraordinaire initiative, prise par des médecins du Centre Hospitalier Universitaire de Clermont-Ferrand (un énorme hôpital!) avec à leur tête le Docteur Virginie Guastella, mais de la manière philosophique plutôt que médicale, avec laquelle ils ont abordé le cas de patients en soins palliatifs, autrement dit : en fin de vie.

Ces médecins, ont convenu du grotesque de certaines situations, générées la plupart du temps, par la rigidité des textes et autres règlements de l'administration hospitalière.


En effet, se sont-ils dits, pourquoi priver de bonheur dans les derniers instants de leur vie, des patients en soins palliatifs, dont la médecine et la chirurgie, devenues impuissantes, déclarent fermement, que leurs jours sont comptés.

N'est-il pas burlesque d'entendre dire qu'un être humain, dont la mort est imminente, n'a plus droit de goûter à des petits plaisirs, dont il se délectait quand il était en pleine santé ?


Et si une personne dont le décès est annoncé à court terme, manifeste l'envie de manger une dernière fois ce qu'elle aime, de déguster par exemple, un beau morceau de poulet avec la peau, et une énorme portion de frites en accompagnement, couvertes de mayonnaise ? Ou encore un steak saignant, cuit au barbecue dégoulinant de béarnaise, et de terminer le repas par un banana split et sa crème chantilly ?

Doit-on lui refuser ces souhaits, sous le ridicule prétexte (vous en conviendrez dans les situations dont on parle) que : "c'est interdit par le règlement de l'hôpital, ou plus généralement par celui de la santé publique !".


Les médecins du CHU de Clermont-Ferrand, dans la salle de garde, se sont posé ces questions, allant même plus loin, au risque de faire bondir certaines consciences médicales étriquées...

"Et si on accordait à ces patients en fin de vie, une cigarette... Des cigarettes même s'ils apprécient ça... Leur permettre de revoir des films comiques, un bon verre de whisky à la main ?"


Sans doute les membres du personnel soignant, se sont-ils à ce moment là attiré les foudres de ceux qui ne pensaient qu'à les faire interner, les prenant pour des fous de la pire espèce, caressant des rêves dangereux et indignes des blouses blanches qu'ils portent.

Je ne vous ferai pas languir davantage, préférant vous annoncer, que ces rêves fous ont abouti à une réalité !


Sachez que dans un premier temps, les médecins du CHU de Clermont-Ferrand ont décidé d'autoriser les patients en soins palliatifs, à boire du whisky au sein même de l'établissement !

Et ce n'est pas tout ! Très prochainement le CHU s'enrichira d'un bar à vin, dans lequel chaque malade le souhaitant bien sur, pourra déguster des grands crus venant de châteaux réputés !

La convivialité du lieu sera identique, à ce que l'on peut trouver dans un bar classique à l'extérieur.


Aux détracteurs s'offusquant déjà du coût de cette initiative, les médecins du CHU, répondent, je cite : "un séjour en soins palliatifs coûte en moyenne 6 529 euros. Un verre de whisky coûte 3 euros. Un verre tiré d'une très bonne bouteille coûte 5 euros. Un paquet de cigarettes coûte 4 euros."

Insurmontable financièrement parlant, pour un établissement hospitalier de la taille du CHU de Clermond-Ferrant ? Il serait mensonger de le prétendre !


De plus, un des spécialistes a rajouté ceci, je cite : " lorsqu'un patient est "condamné" par la médecine, il y a toujours un espoir de guérison. Mais encore faut-il que le patient ait en lui les forces spirituelles de vouloir guérir.

Le corps étant à bout, ce sont les forces de l'esprit qui pourront faire la différence. Les guérisons "miraculeuses" ont souvent lieu, dans un contexte de reprise d'espoir, de redécouverte du sens de la vie chez le patient, qui trouve une excellente raison de guérir... Et guérit.

Il est donc capital de tout miser sur le moral du patient.

Son environnement, son entourage humain, sont alors déterminants, et je prétends que si l'on créait dans tous les centres de soins palliatifs, des endroits où l'on prend du bon temps, on assisterait plus souvent à des miracles."


L'idée fait déjà des émules, comme au sein du Centre Jeanne Garnier à Paris, qui travaille activement, à la construction d'un lieu convivial de même style, pour ses patients en fin de vie.


Pour terminer, on peut dire que le rêve n'a donc plus rien de fou, de marginal, puisqu'au final, il vient s'appuyer sur des constatations médicales, reprises par les médecins du Centre Hospitalier Universitaire de Clermont-Ferrand, pour étayer leur extraordinaire initiative.


À titre personnel, je dis bravo au Docteur Virginie Guastella, à l'origine de l'initiative, qui a su se dresser courageusement contre les rouages de l'administration.


Article part Dyonisos.


(sources Santé Nature Innovation)

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Commentaires : 2
  • #1

    Sylvain Malenfant, N.D. (mardi, 03 février 2015 19:31)

    Pourquoi pas! Un peu d’humanité en soins palliatifs ne fera pas mourir les médecins, enfin je trouve leurs démarches très honorables.

  • #2

    Vérochtroumfette (mardi, 03 février 2015 21:02)

    C'est une très belle initiative, il y a longtemps que j'enrage sur cette manière de priver une personne en fin de vie des "petits plaisirs de la vie" qui peut lui procurer un instant de bonheur.